2018-2019 : NON à l’esclavage moderne : le travail forcé, une lutte à finir

Le CISO a entrepris avec ses partenaires une campagne de trois ans contre le travail forcé. En 2017-2018, il a ainsi demandé la ratification de la Convention 189 de l’OIT sur les droits des travailleuses domestiques et fait connaître les violations de leurs droits ici et ailleurs dans le monde. Cette année, il s’attèle à la tâche de faire connaître l’existence du travail forcé dans le secteur agroalimentaire et de l’électronique afin de favoriser une mobilisation plus grande et efficace contre ce fléau qui heurte la conscience et les droits de l’ensemble des travailleuses et travailleurs dans le monde.

 

SITUATION DU TRAVAIL FORCÉ DANS LE SECTEUR AGROALIMENTAIRE

Entre 1815, année de l’adoption de la Déclaration relative à l’abolition universelle de la traite des esclaves, et 2014, année de l’adoption du Protocole relatif à la Convention sur le travail forcé, plus de 100 ans se sont écoulés. On pourrait espérer qu’au cours de ces années, l’esclavage aurait disparu dans l’ensemble des pays et pourtant NON ! Force est de constater qu’aujourd’hui encore, nous sommes confronté·e·s à des situations d’esclavage au sens strict, où les personnes sont considérées comme des biens meubles, mais aussi à des « institutions et pratiques analogues à l’esclavage » qui sont des formes contemporaines d’esclavage qualifiées d’esclavage moderne. Encore aujourd’hui 40,3 millions de personnes sont victimes de l’esclavage moderne dont environ 4,6 millions se retrouvent dans l’agriculture et les pêcheries. Aussi, 59 % de tous les enfants qui travaillent dans le monde se retrouvent à l’intérieur du secteur agricole.

Selon la Convention no 29 de l’Organisation internationale du travail (OIT) le travail forcé, un terme juridique, réfère plus spécifiquement à « tout travail ou service exigé d’un individu sous la menace d’une peine et pour lequel l’individu ne s’est pas offert de plein gré ». Divers degrés de contrainte contribue à ce qu’un travail puisse être considéré comme forcé, menant son autodétermination et son consentement, allant par exemple des violences physiques et psychologiques; à la fraude et aux fausses informations; à la servitude pour dette; ou la menace de confiscation des documents migratoires ou de déportation.

Nous avons choisi d’illustrer les conditions de travail déplorables et condamnables dans le secteur agroalimentaire à partir de quatre cas (voir la fiche sur l’agroalimentaire ci-dessous):

  • Les petits fruits au Mexique : le travail forcé dans la production
  • Les crevettes en Thaïlande : l’exploitation des pêcheurs en mer
  • Le cacao en Côte d’Ivoire: esclavage et travail des enfants relatif à la production
  • La tomate: l’or rouge de la Chine et de l’Italie

 

CAMPAGNE AUPRÈS DES GRANDS DISTRIBUTEURS ALIMENTAIRES AU QUÉBEC

Dans le cadre de notre campagne « Non à l’esclavage moderne : Le travail forcé, une lutte à finir », nous désirons obtenir certaines informations sur les pratiques des cinq plus grand distributeurs alimentaires au Québec: Provigo (Loblaws), Metro, IGA (Sobeys), Costco et Walmart, afin de les inciter à améliorer la transparence dans leurs chaînes d’approvisionnement, la traçabilité des produits qu’ils vendent et de connaître les actions concrètes qu’ils mettent en place pour le respect des droits des travailleuses et travailleurs et pour prévenir et lutter contre le travail forcé.

Notre campagne sur le travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement de l’industrie agroalimentaire constitue ainsi un prolongement de notre travail passé relatif à la mise en œuvre de politiques d’approvisionnement responsable (PAR), depuis 2007. Nous sommes la première organisation au Canada à avoir mobilisé organismes, entreprises et syndicats autour des PAR et que ces démarches sont maintenant pratiques courantes dans les politiques de responsabilité sociale des entreprises (RSE). Cette campagne touche d’ailleurs les engagements déjà adoptés par plusieurs distributeurs alimentaires au Québec.

Cette campagne vise à entrer en dialogue avec les principaux distributeurs alimentaires œuvrant au Québec et à sensibiliser la population sur le travail forcé et les moyens d’agir pour y mettre fin. Nous analyserons et rendrons ainsi publiques les informations obtenues de chacun des fournisseurs quant à leur contribution au respect des droits des travailleuses et travailleurs dans le monde.

  • Nous dénonçons l’utilisation du travail forcé des familles dans la production de petits fruits au Mexique et leurs conditions de travail et de vie déplorables qui en résultent;
  • Nous dénonçons les conditions d’esclavage moderne que subissent les pêcheurs de l’industrie de la crevette en Thaïlande qui touchent principalement les travailleurs migrants;
  • Nous dénonçons le travail des enfants dans le secteur du cacao en Côte d’Ivoire, car ils sont considérés comme de la marchandise et non comme des êtres humains;
  • Nous dénonçons le travail des enfants dans les champs de tomate en Chine et le système d’exploitation du travail nommé Caporalato en Italie, qui repose aussi en particulier sur le travail migrant.

Avant le 18 avril, nous invitons tous les groupes et individus qui souhaitent ajouter leur nom à la liste des signataires de la lettre qui sera envoyée aux distributeurs alimentaires du Québec à nous faire part de leur appui à l’adresse et nous pourrons vous la partager : ciso@ciso.qc.ca.

Il est grand temps de leur rappeler qu’ils ont une responsabilité morale et éthique de favoriser le respect des droits des travailleuses et travailleurs tout au long de leurs chaînes d’approvisionnement.

 

ACTIONS PRÉVUES ET COMMENT POUVEZ-VOUS APPUYER LA CAMPAGNE

  • Faire circuler les informations de la campagne du CISO entre avril et juin 2019;
  • À titre organisationnel : nous faire part de votre volonté de signer la lettre qui sera envoyée aux distributeurs dans une action concertée avant le 18 avril;
  • À titre individuel : signez et renvoyer au CISO la lettre d’appui à la campagne en tant qu’individu;
  • Appuyer la diffusion des outils d’éducation afin de faire connaître les conventions, les violations de droits et les actions possibles;
  • Contribuer à mobiliser de nouveaux groupes autour de cette campagne au Québec;
  • Adopter une résolution à titre d’organisation en appui à la campagne;
  • Nous transmettre l’information sur vos démarches (ciso@ciso.qc.ca)

 

LETTRE

Lettre individuelle – Campagne travail forcé CISO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COMMUNICATIONS

Pour nous faire part de votre intérêt à appuyer cette campagne ou pour plus d’informations, écrivez-nous à l’adresse:

ciso@ciso.qc.ca

 

 

 

OUTILS D’ÉDUCATION

 

FICHES

Fiche 1: Les conventions relatives à l’esclavage moderne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fiche 2: L’industrie agroalimentaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fiche 3 : L’industrie électronique 

 

 

 

 

 

 

 

Présentations interactives

 

Lancement – Industrie agroalimentaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Électronique