Codes multiparties

 

Les codes d’initiatives multipartites sont, de loin, les plus intéressants et ceux qui ont démontré davantage de résultats concrets au cours des dernières années. Ils ont vu le jour au début des années 2000, pour contrer les critiques apportées aux codes de conduite des entreprises, jugés inefficaces sur le terrain.

Les initiatives multipartites regroupent généralement des acteurs d’entreprises, d’ONG et de syndicats, de gouvernements ou d’institutions publiques et, parfois, des représentants d’organisations internationales. Comme pour les codes sectoriels, l’idée à la base de ces initiatives est le développement d’un code unique pour les entreprises. La vérification et le suivi doivent être faits par des acteurs indépendants et coordonnés par cette organisation multipartite.

Les premières initiatives multipartites ont vu le jour dans le domaine du vêtement et du textile. Puis quelques-unes se sont élargies à d’autres secteurs, notamment à la production alimentaire, mais la majorité touchent encore l’habillement.

Bien que ce type de code nous apparaisse le plus complet, il est loin d’avoir la cote de popularité que la RSE ou le développement durable ont dans le secteur privé. Étant davantage contraignant, il fait peur aux entreprises, qui perdent une partie de leur pouvoir et de leur contrôle sur leur production. C’est pourquoi les entreprises qui se sont engagées dans des initiatives multipartites sont souvent les multinationales les plus avancées concrètement dans le domaine de la responsabilité sociale.

Finalement, il s’agit du seul type de code qui nous ait permis d’évaluer les impacts concrets sur le terrain.

Recherche d’Ethical Trading Initiative (ETI) sur les impacts des codes multipartites sur les droits des travailleurs


Liste des organisations multipartites existantes :

Ethical Trading Inititaive (ETI)
L’Ethical Trading Initiative (ETI) est un organisme multipartite composé de syndicats, d’ONG et d’entreprises qui a été créé en 1998 en Grande-Bretagne afin d’assurer des conditions de travail acceptables aux travailleurs et travailleuses qui produisent des vêtements et du textile. Dans un code de conduite modèle , l’ETI identifie et fait la promotion de ce qu’il considère comme de bonnes pratiques de travail, en plus de faire de l’audit social pour ses membres, surtout sous forme de projets pilotes. Le gouvernement britannique, qui finance grandement l’ETI, a un statut de membre dans l’organisation. Des compagnies comme Gap Inc., the Body Shop International et Chiquita Brands International sont membres de l’ETI.

Fair Labor Association (FLA)
Le Fair Labor Association (FLA) est un organisme multipartite composé d’entreprises, d’ONG et d’universités qui a d’abord été mis sur pied à la demande du gouvernement américain, sous le nom de l’Apparel Industry Partnership (AIP) en 1996. L’objectif du secrétaire d’État au travail était alors de mettre en place de nouveaux moyens de protéger les travailleurs et les travailleuses du secteur du vêtement et des articles de sport. En 1998, le AIP devient le FLA et se dissocie du gouvernement américain. Le FLA est un organisme qui propose un code de conduite modèle, fait de la vérification externe et vise les produits et les marques en certifiant les entreprises. Des compagnies comme Adidas AG, Nike Inc., Moutain Equipment Co-op (MEC) et Gildan Activewear Inc. sont membres du FLA.

Fair Wear Foundation (FWF)
La Fair Wear Foundation (FWF) a été mise sur pied en 1999 aux Pays-Bas, à l’initiative d’organisations syndicales, d’ONG et de compagnies, afin de promouvoir de bonnes conditions de travail dans l’industrie du vêtement et du textile. La FWF fait de la vérification externe à partir de son code de conduite modèle, mais n’offre aucune certification. La compagnie Mexx est un exemple de membre de la Fair Wear Foundation.

Social Accountability (SA8000)
L’ONG Social Accountability International (SAI) a été mise sur pied en 1997 par un institut gouvernemental de recherche, pionnier dans le domaine de la responsabilité sociale des entreprises. L’idée était alors de développer une norme de qualité sociale afin de remédier aux codes de conduite vagues et incomplets des entreprises. SAI a mis au point un code de conduite modèle qui détermine le minimum à respecter pour les conditions de travail et un système de vérification externe. La norme SA8000 est une certification pour les sites de production que l’entreprise signataire décide de faire certifier. SAI a certifié plus de 1000 installations depuis le début de ses opérations.

Worker Rights Consortium (WRC)
Le Worker Rights Consortium (WRC) est un organisme multipartite créé à New York en l’an 2000, à l’initiative de United States Students Against Sweatshops (USAS), en réaction au FLA qui était accusé de donner trop de pouvoir aux entreprises. Seul organisme multipartite qui n’a pas d’entreprises membres, le WRC est composé d’universités, de collèges, d’ONG et de syndicats. La principale tâche de WRC est la vérification indépendante du respect des droits des travailleurs et des normes du travail dans des entreprises œuvrant dans le secteur du vêtement, particulièrement pour les vêtements et outils promotionnels produits pour les universités et les collèges américains. Plus de 100 universités et collèges américains seraient affiliés au WRC.