Définition et contexte
Qu’est-ce que la responsabilité sociale des organisations (RSO) ?
La RSO est un secteur d’activité de plus en plus populaire depuis les 15 dernières années. On la définit comme l’ensemble des activités développées, dans le contexte de la responsabilité sociale des affaires, pour favoriser le respect des droits du travail. Il peut s’agir de codes adoptés de manière unilatérale par les responsables d’entreprises ou d’initiatives concertées, élaborées et mises en œuvre par des coalitions pouvant regrouper des associations d’entreprises ou d’employeurs, des syndicats, des ONG ainsi que d’autres acteurs de la société civile.
Les entreprises ne sont pas les seules responsables du respect des conditions de travail et de l’environnement dans toute la chaîne d’approvisionnement. Nos institutions publiques, qui achètent de nombreux produits avec les impôts que payent les citoyens et citoyennes, ont également une responsabilité à assumer. De fait, toutes les organisations du Québec, que ce soient les villes, les institutions publiques, les entreprises, les associations civiles ou les groupes étudiants, doivent voir à ce que les biens consommés soient produits dans des conditions qui respectent les normes fondamentales du travail ainsi que certains critères environnementaux.
C’est pour cette raison que la CQCAM a décidé d’utiliser le terme responsabilité sociale des organisations (RSO), plus inclusif que le terme RSE, qui s’adresse uniquement aux entreprises. De plus, élargir cette campagne à plusieurs autres organisations consommatrices et productrices dans la société permet de mettre la pression double sur les entreprises qui sont, ne l’oublions pas, les principales responsables de la violation de normes sociales et environnementales.
Dans quel contexte la RSO a-t-elle émergé ?
Au cours des dernières décennies, avec l’ouverture de plus en plus grande des marchés, plusieurs entreprises multinationales se sont mises à déplacer une partie de leur production dans des pays où les « conditions gagnantes » étaient présentes, c’est-à-dire là où elles pouvaient engranger davantage de profits. Cela était possible parce que, dans ces pays dits du Sud, les normes à respecter étaient de loin inférieures à celles de leurs pays dits du Nord.
Or, au cours des décennies 70-80, des informations sur les conditions de travail inacceptables sévissant dans les usines du Sud, où étaient délocalisées les productions de certaines multinationales, ont été dévoilées au grand jour. En réaction à cela, de nombreux consommateurs se sont mis à boycotter les produits de certaines entreprises. L’exemple de GAP est probablement le plus connu.
Ce « consumérisme politique » a continué de s’étendre, entraînant la création de plusieurs mouvements de citoyens engagés dans la promotion de pratiques de consommation et de production responsables. Plusieurs de ces mouvements, qui ciblaient les multinationales afin de les amener à améliorer leurs pratiques, ont eu un réel impact. En effet, dès les années 1970 et de manière accélérée dans les années 1980 et 1990, plusieurs multinationales se sont mises à adopter des codes de conduite responsables dans toute leur chaîne d’approvisionnement dans les domaines sociaux et environnementaux. En plus, elles s’engageaient à produire régulièrement des rapports de responsabilité sociale et environnementale et à vérifier leurs propres installations et celles de leurs fournisseurs et sous-traitants.
Bien que ce mouvement de la société civile ait permis de responsabiliser certaines entreprises, il demeure néanmoins que, dans la majorité des cas, la RSE a servi ces entreprises comme stratégie pour améliorer leur image. Jusqu’à ce jour, rien ne peut nous prouver que les entreprises qui se disent engagées le sont réellement, à moins qu’elles se joignent à des initiatives plus larges auxquelles participent également des groupes de la société civile.
C’est justement en réaction à la faiblesse de cette première génération de codes de conduite que des organisations multipartites ont pris forme dans différents pays, au début des années 2000. Ces organisations composées, de gens provenant des secteurs privés, publics et associatifs, ont vu le jour afin de proposer des codes de conduite modèle aux entreprises, de veiller à leur mise en place dans toute leur chaîne d’approvisionnement et d’assumer la vérification de leurs installations grâce à des services de vérification externes à l’entreprise. On assistait alors à la deuxième génération des codes de conduite.


