Campagnes d’appui aux travailleurs
Chong Won Fashion (Philippines)
Au cours de l’automne 2006, des travailleurs et des travailleuses de la Chong Won Fashion Inc., un sous-traitant philippin de Wal-Mart et d’autres grandes marques, ont subi de la violence et de l’intimidation de la part de leur employeur qui voulait mettre fin au syndicat légitime. Une chaude lutte a eu lieu tout au cours de 2006-2007, mais les résultats n’ont pas été des plus positifs pour les employés et employées.
Pour en savoir plus…
Le rapport de vérification et recommandations du Workers Rights Consortium (WRC)
La campagne menée par le Maquila Solidarity Network pour les travailleurs de la Chong Won
Vaqueros Navarra
Le Centre international de solidarité ouvrière (CISO) et la Coalition québécoise contre les ateliers de misère (CQCAM) se sont joints au Maquila Solidarity Network (MSN) et à d’autres organisations civiles pour mener une campagne d’appui au Syndicat indépendant 19 Septembre du Front authentique des travailleurs (FAT), au Mexique. Depuis quelques mois déjà, les travailleurs et travailleuses de l’Usine Vaqueros Navarra, à Tehuacán au Mexique, tentent de s’organiser collectivement et de se faire représenter par ce syndicat indépendant.
Rétrospective de la campagne
Vaqueros Navarra, une usine qui fabrique des jeans, appartient au Groupe Navarra, un des plus gros consortium de vêtements dans l’État de Puebla, qui emploie plus de 8000 travailleurs et travailleuses.
Au mois de juillet 2007, les travailleurs et les travailleuses, représenté-e-s jusque là par un « syndicat officiel », ont choisi de s’allier au Syndicat 19 Septembre, un syndicat indépendant affilié au FAT. Or, le « syndicat officiel » est affilié au FROC-CROC, une troisième main du Parti révolutionnaire institutionnel (le PRI), un parti corrompu et corporatiste. Ce « syndicat officiel » n’a pas accepté pas que les employés et employées choisissent un autre syndicat.
Ainsi, les représentants du Syndicat indépendant 19 Septembre ont alors été congédiés et tous les travailleurs et travailleuses qui les appuyaient ont été intimidés. On les menaces de coupures en raison d’un ralentissement de la production.
Plusieurs campagnes urgentes lancées
Plusieurs campagnes urgentes ont été lancées afin d’appuyer ces travailleurs et ces travailleuses. On a demandé aux autorités de l’État de faire respecter les droits des travailleurs et travailleuses, notamment le droit de choisir le syndicat de leur choix, en plus d’obliger les compagnies à réembaucher ceux et celle qui ont été mis à pied. D’autre part, les compagnies américaines qui achètent les produits du Groupe Navarra ont été approchées afin qu’elles forcent cette entreprise à respecter les droits des travailleurs. En tout, trois entreprises acheteuses ont écrit à Vaqueros Navarra.
Grâce à ces campagnes et aux protestations continues des travailleurs et des travailleuses, la compagnie a finalement cessé d’intimider les employés et pour qu’ils renoncent à leur emploi. Mais l’intimidation générale a tout de même continué.
Une victoire pour les travailleurs et travailleuses de Vaqueros Navarra! (23 novembre 2007)
Le 23 novembre dernier, les travailleurs et travailleuses de Vaqueros Navarra ont finalement voté pour le syndicat de leur choix, le Syndicat 19 Septembre, affilié au FAT.
Le résultat est étonnant lorsqu’on considère la manière dont se fait ce vote au Mexique. En effet, ce vote est fait publiquement. Les travailleurs et travailleuses doivent se présenter à tour de rôle devant des personnes représentant l’employeur, le syndicat officiel et le Ministère du travail, et ils et elles doivent annoncer verbalement leur choix. On assiste régulièrement à des congédiements à la suite de tels votes. Bien que ce processus soit totalement anti-démocratique, les travailleurs et travailleuses, surtout de jeunes femmes autochtones, ont résisté et affirmé leur choix du syndicat indépendant.
Malgré cette victoire, la lutte n’est pas terminée. L’employeur et le syndicat officiel ont contesté le résultat et le CROM (un des deux syndicats officiels) remet en question le statut légal du Syndicat 19 Septembre.
La campagne future devrait faire pression sur l’employeur pour qu’il négocie avec le syndicat indépendant, ne prenne pas de mesures contre les travailleurs et travailleuses qui ont voté pour ce syndicat, réengage les employés et employées congédiés et que l’usine demeure ouverte.
Vaqueros Navarra : Fermeture définitive ? (24 janvier 2008)
Nous venons de recevoir de très mauvaises nouvelles de Tehuacan, Mexique. Le 23 janvier dernier, la direction de Vaqueros Navarra (VN) a informé les ouvriers que leur usine était fermée de façon définitive.
Le « tecnico de parro » ordonné par la direction le 5 décembre devait prendre fin le lundi 21 janvier. Cependant, quand les ouvriers de VN sont retournés au travail après un long congé forcé sans solde, ils ont été informés que les commandes étaient insuffisantes pour ouvrir le service et qu’ils devaient revenir dans deux jours. Quand ils sont retournés hier, on leur a annoncé que l’usine était fermée de façon définitive. De nouveau, la raison invoquée était le manque de commandes.
Incapable de survivre sans revenus, il semble que les ouvriers aient décidé d’accepter l’indemnité de départ et que leur syndicat soit entré en négociation avec l’employeur. Nous attendons un rapport de Benedicto Martinez du FAT sur les résultats de ces négociations.
Pas assez de travail pour ouvrir l’usine syndiquée ?
Il y a de plus en plus de preuves que l’usine a été fermée non pas en raison d’un manque de commandes, mais parce que l’employeur a voulu se débarrasser du syndicat indépendant.
Selon la Commission des droits de la personne et des droits de travail de la Vallée de Tehuacan, au moins deux autres usines, propriétés du Grupo Navarra, ont été en service depuis le début janvier, ce qui indique que la compagnie pourrait détourner des commandes de l’usine de Vaqueros Navarra. En fait, nous pensons que toutes les autres installations sont en service, bien que nous attendions que la Commission nous confirme cela. (Notez : chaque usine de Grupo Navarra est incorporée comme personne morale distincte avec quelques actionnaires différents, mais l’élément commun est l’une des familles les plus riches de Tehuacan, la famille Fernandez).
De plus, Maquila Solidarity Network (MSN) a reçu des rapports de deux acheteurs qui ont tenté de diriger des commandes vers l’usine de Vaqueros Navarra, mais leur fournisseur, Les industries PL, a refusé. Selon la Commission, des propriétaires principaux de Grupo Navarra sont également étroitement associés aux industries PL.
Deux mois après l’élection du 23 novembre visant à choisir une représentation syndicale, au cours de laquelle les ouvriers ont voté pour le Syndicat 19 septembre affilié au (FAT), les autorités du travail de l’État de Puebla n’ont pas encore confirmé que le Syndicat 19 septembre détient l’autorité de négocier la convention collective de l’usine.
Nous appuyons le travail de MSN qui est maintenant en pourparlers avec le FAT et la Commission quant aux prochaines étapes à suivre. MSN a également pris contact avec les acheteurs de marque les plus coopératifs, les invitant à informer immédiatement les fournisseurs que la fermeture d’une usine pour se débarrasser d’un syndicat est une importante violation du code de conduite. Si l’usine ne peut pas être rouverte, les ouvriers doivent recevoir au minimum leurs pleins droits légaux. Nous appuyons la demande de soutenir une recherche indépendante sur les raisons de la fermeture.
À la suite de consultations avec le FAT, nous lancerons un appel urgent à l’action. Nous vous tiendrons au courant des mesures à prendre pour soutenir les ouvriers.
Pour en savoir plus…
Dossier du Maquila Solidarity Network sur les travailleurs de Vaqueros Navarra (en anglais)


